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Ahmed Assid artiste et militant culturel

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Ahmed Assid artiste et militant culturel

Message par tagnidifte le Jeu 3 Mar - 13:58

Ahmed Assid artiste et militant culturel


Militant amazigh, Ahmed Assid archive et défend la culture amazighe longtemps ignorée. Dans les coulisses officielles comme chercheur à l'Institut royal de la culture amazighe, sur le terrain comme le raïs ahouache et poète qu'il est.


Ahmed Assid, chercheur au Centre des études artistiques, des expressions littéraires et de la production audiovisuelle au sein de l'IRCAM (Institut royal de la culture amazighe), est en conversation téléphonique avec un producteur qui se plai0nt du retard pris dans le financement des émissions en amazigh prévues dans la grille des
programmes de la chaîne de Aïn Sebaâ en 2006 : “2M a signé pour leur production, ils doivent donc débloquer les fonds” le rassure Ahmed Assid, promettant d'en toucher un mot à Ahmed Boukous, directeur de l'IRCAM et Nabil Benabdellah, ministre de la Communication. L'enjeu est de taille : rendre visible dans les médias la culture amazighe, comme l'a annoncé Nabil Benabdellah, courant novembre 2005. Ahmed Assid, en charge de ce dossier au sein de l'IRCAM, a lui-même écrit plusieurs pilotes d'émissions devant être produites dans ce cadre : un programme pour les enfants qui doit familiariser les jeunes amazighs avec leur culture au travers de contes, de jeux et de l'apprentissage de la langue, une émission quotidienne traitant de culture, de littérature, de la famille et de religion et une production hebdomadaire de 26 minutes sur la culture de développement. “Nous avons établi au sein de l'IRCAM les grands principes devant caractériser la production amazighe télévisée afin d'éviter la ‘folklorisation’ qui a caractérisé le traitement de la culture amazighe à la télévision marocaine pendant des années” explique-t-il. Ahmed Assid en parle en connaissance de cause. A côté de ses activités professionnelles à l'IRCAM, il est raïs d'une troupe d'ahouache depuis 1984 et a vécu le décalage entre les joutes poétiques qui caractérisent cette forme d'expression ancestrale et son condensé fast- food servi par les médias depuis des décennies. Ahmed Assid participe avec sa troupe à des joutes verbales dans la forêt de la Maâmora pour un public d'amazighophones venus pique-niquer en famille. Et chaque été, il part se ressourcer dans son douar natal, Taourmit près de Taroudant, où il anime en moyenne 45 soirées ahouache de juillet à début septembre. “C'est ce que j'appelle son ahouachothérapie. Il revient chaque été en pleine forme prêt à entamer une nouvelle année de militantisme” explique en souriant Meryem Demnati, membre actif du mouvement amazigh et amie de longue date d'Ahmed Assid. “C'est certainement le militant qui fait le plus de terrain au cours de l'année. En été, je le vois souvent animer une conférence pour une association, avec pas très loin son sac, sa djellaba et ses babouches de raïs car il participe à une soirée ahouache le même jour” ajoute en souriant Meryem Demnati.


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Re: Ahmed Assid artiste et militant culturel

Message par tagnidifte le Jeu 3 Mar - 13:59

Ahouache forever “J'ai pris confiance en mes potentialités de raïs au cours de l'été 1983 après une joute verbale avec Ajemaâ, le plus grand poète d'ahouache ayant jamais existé” raconte Ahmed Assid. Le talent du raïs est jugé sur sa capacité à répondre aux vers de la partie adverse. Et en images, s'il vous plaît, sur des sujets aussi bien sociétaux que politiques. Ainsi, l'été dernier un raïs a reproché à Assid l'absence d'efficacité de l'IRCAM en ces termes : “Vous êtes à la porte du four, on m'a dit qu'on vous a donné de la pâte à pain, mais nous avons toujours faim”. La réponse de Assid a été du même tonneau : “Pour avoir du bon pain, il faut du temps ou bien vous mangerez une pâte crue qui vous fera mal au ventre”. Ahmed Assid s'est familiarisé avec la poésie des ahouaches dès son plus jeune âge grâce à une mère héritière d'une grande lignée d'artistes amazighs. “J'ai été séparé de ma mère à l'âge de 4 ans pour suivre mon père commerçant à Kénitra. J'y ai très vite oublié ma langue maternelle, mon père ne s'exprimant avec moi qu'en darija. Quand ma mère nous a rejoints quelques années plus tard, elle m'a réappris l'amazigh en 3 ou 4 mois. Et plus tard, elle m'a fait découvrir les grands raïs du début du siècle dont j'apprenais les poèmes par coeur” raconte-t-il. Avec l'arrivée de la mater, l'atmosphère familiale redevient amazighe, mais à l'école, comme dans la rue, Ahmed Assid vit le nœud de la langue dont parle Abdellah Bounfour dans son ouvrage Le Nœud du langage. A l'adolescence, il n'affiche toujours pas sa berbéritude : “Je m'efforçais de parler la darija avec l'accent aroubi qui caractérisait Kénitra. Nous écoutions de la musique amazighe, mais jamais trop fort pour rester discrets. J'écrivais à 14 ans des poèmes en amazigh, mais je ne les lisais qu'aux intimes” se souvient Ahmed Assid. Paradoxalement, Ahmed Assid, futur militant de l'amazighité, fait toute sa scolarité jusqu'au baccalauréat à l'école Takaddoum créée par le parti de l'Istiqlal, défenseur farouche de l'arabisation. Le directeur de l'école propose au jeune Assid, élève brillant, de publier ses écrits dans Al Alam, organe arabophone de l'Istiqlal, plutôt que dans Al Mouharire, organe de l'USFP où Assid écrit dès l'âge de 17 ans. “J'ai refusé par conviction politique car j'étais de gauche et l'Istiqlal représentait pour moi un parti élitiste fassi”.

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Re: Ahmed Assid artiste et militant culturel

Message par tagnidifte le Jeu 3 Mar - 14:00

Assid, le militant étudiant de philosophie à Rabat en 1982, Ahmed Assid rend visite à l'hôpital à Mohamed Mestaoui, poète amazigh auquel il a consacré le premier un article dans la presse marocaine. “C'est dans la chambre d'hôpital de Mestaoui que j'ai rencontré Brahim Akhiat, dirigeant de l'AMREC” raconte Ahmed Assid. Le militant de la première heure convainc le jeune Assid de rejoindre les rangs de cette association fondée en 1967 par des étudiants amazighophones dont Ali Azayku, poète et historien amazigh, et Ahmed Boukous, futur directeur de l'IRCAM. “J'étais en plein questionnement identitaire, mûr pour le militantisme. Qui plus est, je prenais de plus en plus conscience de la ghettoïsation de la culture amazigh. Mes poèmes en arabe étaient publiés très rapidement tandis que ceux en amazigh étaient sans cesse reportés”. C'est aussi cette ghettoïsation qui le pousse à claquer la porte d'une assemblée de l'Union des écrivains marocains en 1999, avant qu'on ne le rattrape in extremis dans le couloir. “J'ai obtenu que l'on change les statuts de l'UEM car on y faisait référence uniquement à la langue arabe” raconte Assid. “Six écrivains de langue berbère ont intégré l'Union des écrivains marocains car il a défendu leur dossier bec et ongles” précise Hassan Nejmi, président de l'UEM . Il n'y avait, avant l'intervention de Assid, que quatre écrivains berbérophones inscrits sur les 400 membres de l'institution. Ce ne fut pas son seul coup d'éclat . Lors de sa nomination à l'IRCAM, il serrera la main à Mohammed VI comme les autres membres désignés. “Nous avons tous, sans vraiment nous concerter, voulu donner l'exemple d'une élite amazighe qui a l'audace de refuser un protocole humiliant”. Fin de citation...

sourec telquel

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Re: Ahmed Assid artiste et militant culturel

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